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Au cours de l'été 1962, Monseigneur
G. Hakim, Evêque d'Accra (Israël) de rite grec-melchite,
invita le père Dockx à l'accompagner au Concile en tant
que son théologien-conseil. La grande estime qu'il vouait aux
Pères grecs et à la Liturgie orientale incita le
Père Dockx à accepter avec enthousiasme. A Rome, en
octobre de la même année, le Patriarche Melchite Maximos
IV Saigh demanda de nommer le Père Dockx Peritus Officiel du
Concile comme délégué du patriarcat grec-melchite,
fonction dans laquelle il se révéla
particulièrement actif et compétent. En effet, ayant
consacré une large part de son enseignement à donner le
cours De Ecclesia, il rédigea en 1963 une étude d'une
centaine de pages, intitulée Des Pouvoirs dans l'Eglise,
destinée aux Pères du Concile et publiée pro
manuscripto.
Il y insistait sur la mission prophétique
de l'Eglise et sur le rôle de l'Esprit Saint dans celle-ci. Il
n'hésita pas à abandonner saint Thomas pour enseigner que
la juridiction est donnée aux évêques de par leur
ordination elle-même et non de par une concession à partir
du Pape. C'est cette conception qui a été définie
par le Concile et qui était, d'ailleurs, entièrement
conforme aux idées des évêques orientaux.
Une autre initiative du Père Dockx,
à la fin du Concile, mérite d'être citée :
On sait que le 7 décembre 1965, veille de la clôture du
Concile, eut lieu, en même temps à Rome et à
Constantinople, la levée des excommunications prononcées,
en 1054, par les légats du Pape Léon IX contre Michel
Cérulaire, Patriarche de Constantinople, et de celui-ci contre
les légats du Pape. Ce geste mutuel de réconciliation et
d'estime fraternelle entre le Patriarche Athénagoras et le Pape
Paul VI a été comme le couronnement du Concile Vatican II
et comme la semence jetée en terre d'un Concile d'Union qui se
prépare dans le secret des cœurs des fidèles de
l'Orient et de l'Occident. Ce geste du 7 décembre 1965 a fait
une telle impression, qu'il a été
célébré l'année suivante, 7 décembre
1966, par un échange de missives fraternelles entre le Pape Paul
VI et le Patriarche Athénagoras. L'année suivante, le 25
juillet 1967, le Pape a rendu visite au Patriarche à
Constantinople et celui-ci a rendu visite au Pape à Rome le 26
octobre suivant. Ce que l'on sait moins évidemment, c'est que le
Père Dockx a été l'un des initiateurs de ce geste
de réconciliation. Profitant du fait qu'il était au
Concile le Peritus du Patriarche Maximos IV qui se disait n'être
au Concile que le représentant du grand absent : le Patriarche
Athénagoras, il proposa à sa Béatitude Maximos de
se mettre en relation avec le Patriarche Orthodoxe et avec le
Secrétariat pour l'Unité des chrétiens, afin de
remonter jusqu'au sommet de la séparation entre l'Eglise
Orthodoxe et l'Eglise Romaine et d'enlever ainsi l'obstacle à un
rapprochement progressif entre les deux Eglises et à l'amorce
d'un véritable mouvement d'union, vu que l'Union formulée
au Concile de Florence avait été d'inspiration
plutôt politique.
Les nombreuses activités
théologiques exercées par le Père S. Dockx
l'incitèrent à réaliser la formation de la seconde
classe de l'Institut, celle des Sciences Sacrées,
présente dans sa pensée depuis 1944.
Sa participation au Concile Vatican II fut
l'occasion favorable qui lui permit d'envisager concrètement la
réalisation de son projet. En effet, durant les années
1962-1964, furent présents à Rome comme Periti,
Auditeurs, Observateurs, un grand nombre de théologiens parmi
les plus éminents de la Chrétienté. Il fut,
dès lors, possible au Père Dockx de présenter son
projet et d'organiser avec certains d'entre eux des réunions
d'information et de préparer ensemble une session d'étude
sur un sujet actuel important.
C'est ainsi qu'un premier symposium,
réunissant plus d'une vingtaine de Periti, observateurs
orthodoxes et protestants, eut lieu à Constance - dans l'ancien
couvent des Dominicains - du 16 au 19 mai 1964.
La question de la collégialité
épiscopale ayant été évoquée au
Concile, fin 1963, et mise au programme de la session d'automne 1964,
le Père Dockx, en accord avec ses invités, fixa le
thème de cette rencontre : La collégialité des
membres du corps épiscopal dans l'exercice de leurs fonctions.
Il y présenta lui-même une
étude intitulée : Essai sur l'exercice collégial
du pouvoir par les membres du corps épiscopal. Au dire du
Père Congar, ce fut une étude 'originale et personnelle'.
En clôturant cette session, les participants
assurèrent le Père Dockx de leur coopération
active à la formation de la Classe des Sciences Sacrées
de 1'Institut.
Dès lors, il pouvait annoncer
officiellement dans la lettre qu'il leur adressa le 15 juin 1965, ainsi
qu'à d'autres théologiens, la fondation prochaine de
l'Académie et en préciser le but :
" Plusieurs Periti du Concile Vatican II, ainsi
que d'autres théologiens appartenant à diverses
confessions chrétiennes, réunis lors du week-end de
Pentecôte en la ville de Constance, pour étudier ensemble
le problème de la 'Collégialité
épiscopale', ont décidé de fonder une ACADEMIE
INTERNATIONALE DES SCIENCES RELIGIEUSES (A.I.S.R.), à titre de
seconde classe de l'Institut international des Sciences
Théoriques, qui comporte déjà depuis une vingtaine
d'années, une Académie internationale de Philosophie des
Sciences. L'Académie internationale des Sciences religieuses a
pour but de grouper des théologiens d'appartenance religieuse et
de nationalités différentes, en vue de chercher en
commun, dans un climat de dialogue, un progrès du savoir
religieux, principalement à l'intérieur de la
Révélation chrétienne " - but essentiellement
œcuménique et ecclésial.
Il entrait aussi dans les intentions du fondateur
d'organiser des sessions communes aux deux Académies, afin de "
permettre à des hommes de science, philosophes spiritualistes,
de fraterniser avec des théologiens de confessions
différentes, en vue d'étudier des problèmes
communs aux deux classes et de tendre vers une synthèse entre
'science', 'philosophie' et 'théologie'. Le Père Dockx
reçut l'accord des futurs Académiciens sur ce point, mais
ils spécifièrent ensemble que " la difficulté
même de l'entreprise demande que, seuls des savants de tout
premier ordre, hommes de science dispersés dans maints pays,
soient appelés à faire partie de l'Institut ".
Avant de se quitter, les participants à la
première session de l'A.I.S.R. décidèrent de se
réunir l'année suivante afin de débattre du
thème : Unité des Eglises dans leur union commune au
Christ, susceptible d'intéresser aussi bien les Orthodoxes que
les Protestants et les Catholiques. Ce second symposium de
l'Académie se tint à Monaco, du 5 au 8 juin 1965.
Enfin, la liste d'une cinquantaine de
théologiens fut établie en fin de session à
Monaco, en vue de les inviter au symposium de fondation officielle qui
se tiendrait en 1966.
Rentré à Bruxelles, après la
fin du Concile, le Père Dockx organisa le symposium de 1966, qui
eut lieu à Heverlee (Louvain) du 27 au 31 mai sur le
thème : L'Esprit Saint et l'Eglise, à la fois
œcuménique et dogmatique, qui rencontra
l'intérêt des diverses confessions
représentées au sein de l'Académie :
- théologiens catholiques : séculiers et réguliers
de différents ordres religieux ;
- théologiens orthodoxes : de différents Patriarcats ;
- théologiens protestants : Luthériens, Calvinistes, Presbytériens, etc.
C'est au cours de cette session qu'eut lieu la
fondation officielle de l'ACADEMIE INTERNATIONALE DES SCIENCES
RELIGIEUSES. Les participants en furent les membres fondateurs.
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